La politique, un métier ou non, ce qu'en pense Mr AIVODJI Apollinaire.
Toujours sur la politique, perçue comme métier ou non, qui comme entamée plus haut est le centre de notre démocratie ambiguë actuelle, voici la meilleure partie de l'entretien que nous a accordé le professeur, Directeur de la scolarité et des examens à l'Institut Superieur des Metiers de l'Audiovisuel, Apollinaire AIVODJI. Il est question en grande partie de savoir si la politique est un métier ou pas et d'éclaircir quelques notions autour. Un entretien fort intéressant car l'interviewer ne lambine pas sur les mots.Rbk A. : Définissez-nous ce qu'est la politique.
Apollinaire A. : En premier lieu, selon les professeurs d'université, c'est-à-dire ceux qui ont fait des recherches et qui maîtrisent ce domaine, c'est l'art de gérer la cité, les hommes, de conduire la population vers le développement attendu.
Rbk A. : Un bref aperçu sur ce qu'est un métier ...
Apollinaire A. : On vous dira que vous avez un métier, que vous exercez, suite à une formation. Vous recevez cette formation à l'école ou dans un institut, et à la fin de votre formation vous avez un métier que vous exercez pour gagner un salaire.
Rbk A.: Peut-on dire alors que la politique est un métier?
Apollinaire A. : La politique est loin d'être un métier. Pour faire de la politique il faut être d'un mouvement politique, d'un parti politique. La politique a ces principes que seuls les hommes qui ont appris à faire la politique exercent. Ce sont des philosophes qui gèrent les affaires de la cité. La politique n'est pas un métier; ce n'est qu'un outil, une échelle pour accéder aux fonctions publiques.
Rbk A. : Quel est le cursus universitaire à faire pour s'aventurer en politique?
Apollinaire A. : Ici en Afrique les gens veulent faire de la politique . Et pour se faire, il faut suivre les chefs des partis politiques, il faut être dans les mouvements de jeunes de ce parti, faire des regroupements, faire des meetings, supporter, supporter et supporter. C'est faux!
Dans les pays développés, ceux qui vont en politique, ce sont ceux qui font une école spécialisée en Science Politique. Ceux qui veulent faire de la politique doivent donc se spécialiser et doivent tout faire pour maîtriser cet art. L'art de faire de la politique, l'art de convaincre, de drainer la foule. Il faut savoir combattre les idées de l'autre, chercher à se positionner pour être le meilleur; le savoir-parler doit être aussi de rigueur. Tous ces critères rentrent dans l'art de la politique. Mais ici en Afrique, c'est la politique du ventre. Tout simplement parce qu'on veut gagner et avoir un poste, on soutient aveuglément quelqu'un et on défend des opinions biscornues.
Dans les pays développés, ceux qui vont en politique, ce sont ceux qui font une école spécialisée en Science Politique. Ceux qui veulent faire de la politique doivent donc se spécialiser et doivent tout faire pour maîtriser cet art. L'art de faire de la politique, l'art de convaincre, de drainer la foule. Il faut savoir combattre les idées de l'autre, chercher à se positionner pour être le meilleur; le savoir-parler doit être aussi de rigueur. Tous ces critères rentrent dans l'art de la politique. Mais ici en Afrique, c'est la politique du ventre. Tout simplement parce qu'on veut gagner et avoir un poste, on soutient aveuglément quelqu'un et on défend des opinions biscornues.
Un constat, vous verrez que souvent en Afrique, les chefs de partis sont des gens qui n'ont fait aucune école, qui sont des opérateurs économiques, donc des gens riches qui se disent : "mais si les autres font de la politique, (car il faut retenir que les populations ne maitrisent pas ce que c'est que la politique), il suffit de leur distribuer des billets de banque et ils nous suivront sans réflexion". Ces opérateurs économiques peuvent agir de la sorte, car disposant des moyens financiers.
Rbk L. : Quels sont les qualités que doivent avoir un futur politicien?
Apollinaire A. : La politique, c'est de l'art. Le potier sait, que pour fabriquer une jarre ou un pot, il faut mélanger l'argile, pour enfin mouler la matière. De même il y a des techniques de moulage pour tourner. Donc le politicien doit savoir maîtriser les arts, les démarches et les philosophies utilisés en politique. Et il faut avoir les compétences qu'il faut . Ce ne sont pas forcément des gens riches, parce que si le parti est riche ce n'est pas forcément le plus nanti qui est président. Non! C'est celui-là qui maîtrise, qui sait parler, qui sait convaincre, drainer et convaincre la foule et qui a ses expériences dans le parti.
Parce que pour être membre du parti, on grandit petitement, on gravit les échelons. Et lorsqu'on voit que celui-là a les capacités qu'il faut, l'art qu'il faut, on le positionne comme président ou secrétaire général du parti et après il peut être représentant du parti aux élections...
Donc en principe, il faut avoir fait une école, maîtriser les outils et savoir drainer la foule.
Rbk A. : Comment se fait-il que des amateurs en politique finissent par prendre les rênes?
Apollinaire A. : C'est seulement en Afrique que ce constat est récurrent. Souvent les illettrés sont cossus, ils passent par leur moyen, des voies plus ou moins lucides pour avoir de l'argent. Ceci fait, ils peuvent donc drainer la foule. Car que veut le peuple? Les populations africaines sont dans la pauvreté et dans la misère. L'essentiel est que l'on gère leurs problèmes quotidiens. Même l'Américain qui a fait de la Science Politique, s'il vit en Afrique, il ne peut rien faire. Il est obligé de s'appuyer sur ces acteurs économiques pour aller plus loin. Mais il faut de même leur garantir et leur promettre des choses pour que ces derniers voient leur intérêt en jeu. Ce qui fait que celui qui a fait les études, s'il est dépourvu de la monnaie ne pourra rien faire.
Rbk A. : La politique, porte de sortie de la misère?
Apollinaire A.: C'est un constat réel. On voit des gens qui n'ont aucune conviction politique, aucune conviction d'ailleurs! Car se sont des personnes proches de gens nantis, qui s'engagent à défendre aveuglément ce dernier pour avoir accès à un poste... Évidemment, le poste politique est lié à un salaire, à savoir celui d'un ministre, des députés, du président de la République.
Rbk A. : En quoi la rétribution d'un homme politique diffère t-il d'un simple contribuable?
Apollinaire A. : Ce ne sont pas des salaires qui sont dans la grille salariale de la fonction publique. Non! C'est purement politique. Ces rétributions sont décidées par des ordonnances, des arrêtés ou des décrets; et celui-là qui se retrouvait chômeur, par la voie politique, peut accéder à un poste.
Rbk A. : Merci à vous!
Rébecca ADJINAKOU
Rbk A. : En quoi la rétribution d'un homme politique diffère t-il d'un simple contribuable?
Apollinaire A. : Ce ne sont pas des salaires qui sont dans la grille salariale de la fonction publique. Non! C'est purement politique. Ces rétributions sont décidées par des ordonnances, des arrêtés ou des décrets; et celui-là qui se retrouvait chômeur, par la voie politique, peut accéder à un poste.
Rbk A. : Merci à vous!
Rébecca ADJINAKOU

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