《Je pense donc je suis》a affirmé un grand philosophe. Cette note porte notre attention sur l'influence de la pensée ou du pouvoir de penser dans notre vie. Maîtriser notre penser améliorera peut-être notre existence. Voici ce qu'en pense l'école Gnostiique
Chez l'homme il ne s' agit plus , depuis des temps immémoriaux de raison pure. Notre penser est devenu hypothétique et spéculatif et, conformément, la vie de la volonté est descendue à un niveau très bas et devenue, elle aussi, spéculative. A l’état originel de sainteté et pureté de la vie humaine, le pouvoir de penser était capable de saisir la raison divine de façon absolue.
Le penser humain d’à présent est détaché de la sagesse divine ; la volonté et la convoitise sont, par conséquent , spéculatives et extrême avec les conséquences que cela comporte. Dès que l'homme perdit la liaison avec la raison divine, qui s' établissait directement et de la première main avec le pouvoir du penser , il fut livré à la expérimentale. Il n'allait plus « à la main de Dieu » mais à l'aventure. L'homme se violenta lui-même et perdit la liaison avec le logos.
( J. van Rijckenborgh ,Dei Gloria Intacta, ch. 2, IV )
Notre penser est en effet tout à fait axé sur la vie expérimentale, donc sur l'autoconservation de la personnalité; cela éventuellement au détriment d'autrui. Ainsi naissent les nombreux conflits, les tensions et les malentendus, tant en vous-mêmes qu'avec les autres.
Le pouvoir du penser s' est développé sur la base de la perception sensorielle.
La science naturelle d'aujourd'hui affirme ceci : « La réalité est déterminée par l'observateur. » On pourrait, d'une part, comprendre cela comme une limitation du fait que nous sommes « observateurs » par rapport à tout. Tout Ce que nous observons et percevons est coloré et dépendant de notre état de conscience personnel.
D'autre part, cette détermination représente aussi une très grande aide sur notre chemin vers la liberté. Au sens où, par exemple, ce que nous voyons chez autrui est le reflet de ce qu’qu'il y a en nous.
Cependant, à ce propos, une question se pose : Quel miroir utilisons-nous, celui extérieur ou celui intérieur ?
Quand nous voyons le divin, l'âme, en autrui, nous voyons en même temps le divin, l'âme, en nous. Si nous regardons ce qu'il a de divin dans la nature, dans notre champ de vie, dans l'univers, dans la création, nous regardons par là même le divin en notre être.
Voilà comment notre état de conscience détermine notre entourage et ce que nous appelons la réalité.
● Quels échanges y a-t-il entre moi et mon entourage ?
● En cela, quel est le rôle de l'égo ?
Les représentations ou images fascinent notre attention, elles nous occupent, elles tournent autour de nous et nous ligotent. Par ailleurs, notre vie est caractérisée par l'attrait et le rejet, ce que constitue une source d'inquiétude et de confusion.
Qui prend conscience de sa double nature recherchera une nouvelle conduite , un nouveau comportement ; il voudrait se libérer de toutes ces lacunes ou limitations.
Selon Hermès, L’homme qui arrive par lui-même à l’entendement peut être purifié. Autrement dit, quand on accepte la Vérité de la Gnose, non pas sur la foi d’une autorité mais de l'intérieur, on peut sortir de l'ignorance.
Votre raison à besoin d'une puissance pour déceler les préjugés ; votre cœur ou votre volonté a besoin d'une puissance pour résister aux conceptions erronées et aux passions ; et vos actions ont besoin d'un esprit pour vous inciter à un ordonnancement de même que pour vous dévoiler l'ordonnancement fixé pour toute choses.
Toutefois, c'est seulement de l'Unique que vous recevez la force, la puissance et l'esprit. Car c'est Lui qui unifie toutes choses, qui est venu vers ce qui Lui appartient mais qui n'a pas été reçu par les siens. Par contre, à ceux qui L'ont accepté, Il a donné les moyens de devenir enfants de la lumière.
( Karl von Eckartshausen, Quelques paroles du plus profond de l'être, $11 ; p. 31)
Penser, vouloir, sentir et désirer s' influencent mutuellement. Ils fournissent l'inspiration et l’impulsion auxquelles la raison réagit. Penser est une fonction très particulière, quasi automatique et difficile à contrôler . Veut-on se tenir dans le silence intérieur, aussitôt les pensées se présentent . Les pensées coulent comme un fleuve, sans s' interrompre. Le cerveau réagit aux aiguillons et commande au corps de passer à l'action. D'où viennent ces aiguillons ? Penser est une faculté spéciale qui fait de l'homme un créateur quand il donne forme à ses pensées, les formule oralement ou les met par écrit.
Pour un nouveau développement intérieur aussi, le pouvoir du penser est d'une grande importance. Mais ici, il est question du nouveau penser non lié à la personne et qui est d'une autre teneur. Sa source est la connaissance venant du cœur « retourné » . C'est une connaissance dite secrète ; c'est la Gnose offrant à l’être humain un nouveau pouvoir de discernement. A l'instar des connaissances ordinaires, cette connaissance du cœur, cette Gnose opère dans tout le système humain. Ici les effets sont immédiats sur le sang, le fluide nerveux, le système hormonal et la moelle épinière. Finalement, c'est la conscience elle-même qui est influencée.
● Qu'est-ce que cela signifie pour notre manière de penser ?
Ce qui est désigné par le nouveau penser n'est rien de moins que la restauration de la liaison de l’âme avec l'esprit originel. Afin que l’âme puisse vraiment « vivre », elle a besoin d'un champ où Il lui est possible de respirer et d’obtenir une conscience. De même sue l’être humain dispose du trio « cœur-tête -mains », soit « la perception -l'intelligence -l'action » , l'âme aussi à besoin de ces trois moyens d'expression.
A quoi l’âme se reliera -t-elle afin d'obtenir la connaissance voulue ? Appelons esprit ce qui vient à la rencontre de l’âme égarée, perdue. Cet esprit descend dans le monde temporel, terrestre, pour manifester ce dont l’âme doit avoir connaissance. Ce qui est ainsi libéré, c'est la lumière. Cette lumière ou cette force est la Force universelle christique. Elle est l'Amour divin qui procède du Père de toute chose. En tant que force elle embrasse le tout pour atteindre ce qui est perdu.
Cette rencontre entre l’âme et la lumière sera éprouvée par nous et en nous comme une toute autre, une toute nouvelle façon, par un entendement et un savoir, par une compréhension et une raison.
Posséder la sagesse qui est de Dieu n'est pas, comme d'aucuns le disent, posséder une connaissance théorique « sans l'avoir étudié », mais assimiler la Gnose en raison du nouvel état biologique. En conséquence cette sagesse, qui ne fait qu'un avec le souffle de vie, emplit l’être entier et lui accorde de nouveaux pouvoirs.
( J. van Rijckenborgh, La Gnose Chinoise, chap. 15-I)
Cette sagesse qui emplit l’être entier et procure de nouveaux pouvoirs, est l'âme de la religion originelle ; c'est le principe animateur fondamental qui se trouve au cœur de toute vraie religion. La connaissance du cœur et la force-lumière de l'âme rendent la personne à même de reléguer son égo à l'arrière-plan et de céder à l'âme la direction du système.
Pour être ouvert à la connaissance comme à la force-lumière et pouvoir les capter, nous avons besoin de nettoyer notre environnement immédiat, notre champ respiratoire, notre cœur et notre tête. C'est une purification que la personne doit entreprendre elle-même, Ici et maintenant. Constatant le désordre matériel, il nous faut agir en répondant à la nouvelle conscience. Ainsi l’âme nouvelle trouvera sa place à l'avant-plan, ce qui lui permettra de grandir. La personnalité va consciemment se laisser « diminuer », elle va de jour en jour mourir un peu. Pour le dire comme dans l'Evangile : « Lui, l'Autre en moi, doit croître en moi, je dois diminuer. »
Grâce à ce processus de transformation et de purification l'esprit peut, par le biais de l’âme, se rendre connaissable dans le cœur et la tête. En effet, c'est l’âme nouvelle qui peut se relier à l’esprit. Pour ce qui concerne la tête, les pensées ne sont plus dictées ou inspirées par le moi ; à présent, ce sont des impulsions qui traduisent le plan de développement qui inspire et dirigent les pensées. A partir du nouveau point de vue qui se forme ainsi, la vie quotidienne peut être observée avec une intelligence qui va donner lieu à des choix adéquats.
Il s’agit ici du dévoilement, de la connaissance, d’un nouveau pouvoir de penser. Une partie de la stature céleste est régénérée et pénètre dans sa contrepartie du vieil homme. Une des plus formidables conséquences de ce nouvel état est la révélation de la fameuse connaissance de première main, l’accès direct dans l'Enseignement Universel. Cette initiation n'est pas conférée par un instructeur, ou un frère aîné, mais il s'agit d'un processus de conquête de bas en haut, héritage qui attend chaque élève.
Ce qui n’implique pas que soient exclues au cours de tous les « hauts et les bas » de ce processus, l'aide et la collaboration de Tiers éventuellement fort sublimes, mais insistons expressément sur le fait que la condition fondamentale de l'initiation est toujours « l'auto-franc-maçonnerie ».
(J. van Rijckenboegh, Dei Gloria Intacta, III-V)
Comprendrons qui peuvent et qui aiment se recueillir.
Rébecca ADJINAKOU G.


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