LE PARRAINAGE
Cela vous dit quelque chose ?
Êtes-vous dans le domaine du show-biz ? Pour ceux qui côtoient l’évènementiel, le sujet peut-être fort banal. On peut comprendre toutefois que l’apport du parrainage dans ce secteur ne l’est pas du moins. Car, organiser un évènement nécessite des moyens colossaux sur plusieurs plans : financiers comme matériels, ceci en conformité avec la grandeur et/ou la taille de l’activité. Des recherches, nous avons découvert à travers moult entretiens, qu’au-delà des points cités plus haut, y figurent des traits d’humanité et de partages à ne pas négliger. La fraternité se révèle donc à travers le parrainage d'une quelconque manière. D'où l'image en tête de cet article.
Pour mener à bien l'activité en vue, l'organisateur fait appel soit à un
parrain soit à une marraine. Ces derniers, selon leurs domaines d’expertises
apportent leurs plus-values, une valeur ajoutée à l’aboutissement de
l’évènement. Et qui de mieux que les intéressés pour donner leurs points de vue que
les concernés ? Forts heureux de leurs expériences, ils en parlent ici. Une marraine et un parrain, pas des moindres.
Nous prenons chacun dans son
domaine d'expertise. Les mêmes questions leurs sont adressées.
D’autres questions par contre sont uniques et adressées à l'un des interviewés.
Journaliste Rbk : Présentez-vous s'il vous plaît...
Parrain : Je me nomme Delphin KPEHOUNTON, président directeur général de Royal Chicken Fish
Marraine :
Yvette Sessi ALAVO, je suis à la tête d’une organisation dénommée ONG Icône 360
degrés et je milite en général dans le bien-être..
Yvette ALAVO
Journaliste Rbk : Comment
avez-vous commencé avec le parrainage ?
Marraine : Je suis
gestionnaire commercial de formation et spécialiste en communication. Chemin
faisant, je me suis rendue compte que le marketing est bien beau ; mais
au-delà de vendre un produit il y a une dimension que les entreprises ne prenaient
pas en compte. Car il y a des produits qui parfois ne vont pas à votre corps et
pourtant vous l’achetez. Je me suis dit : "au lieu de faire du
marketing qui va rendre malade les populations, pourquoi alors ne pas les
amener à mieux prendre soin de leur corps, de leur être et santé ?" Et c’est
ainsi que j’ai atterri dans ce domaine. Je me suis rendue compte qu’il y avait
plusieurs choses à faire. J’ai axé mes actions sur les jeunes et enfants. J'ai remarqué que les gens n’avaient vraiment pas besoin de grande chose pour être heureux, soit
d’une présence ou appui pour rendre leur monde tout beau. Alors pourquoi ne pas
les aider d’une manière ou d’une autre dans ce mieux-être. C’est ainsi que le
parrainage est venu. On me sollicitait çà
et là pour n’importe quel évènement. Je me dis que j’ai le devoir de les
accompagner de les guider et de leur apporter le sourire. C’est comme cela que
j’ai commencé à parrainer des gens.
Parrain : Moi, à chaque fois, je parraine des activités culturelles. Pour la toute première fois,
j’ai été sollicité. On m’a adressé une lettre de parrainage pour le concours
Mister Noêl des enfants. Ce sont des enfants démunis et qui ont envie de fêter
comme tout autre enfant normal. Pour l’amour que j’ai pour les enfants je me
suis dit qu’il faille que je m’investisse
dans cet évènement et que je les accompagne. Mis à part cela, j’aime
beaucoup ma culture, celle béninoise. Et l’élan du président de révéler le Bénin
sur le plan culturel est ma manière à moi d’être utile pour mon pays et ne
point passer inaperçu.
Journaliste: Quelles
sont les aptitudes qu’un parrain doit avoir ?
Parrain :
D’abord un parrain doit avoir un peu
d’amour pour l’évènement qu’il désire parrainer. Ainsi, même si cela vous
demande un peu d’investissement vous n’allez pas le ressentir. Et quand vous
entrer en action,-vous aurez une
satisfaction morale. Il ne faut pas de parrainer pour parrainer. Parrainer ne
veut pas dire toutes les fois qu’il faut nécessairement faire sortir de
l’argent. Il y a des gens qui optent pour la discrétion ; ils accompagnent
mais ne veulent pas être parrains. Mais c’est aussi intéressant, quand vous êtes
nanti d’accompagner du mieux que vous pouvez avec la finance. Moi, je peux
aussi accompagner et opter pour la discrétion. Mais pour des évènements
culturels auxquels j’apporte une importance particulière comme le Festival
Gangan que je parraine chaque année à Ouidah, j’aime bien sortir de l’ombre.
Alors là je me distingue. Il en est de même pour l’hommage faite à Robinson
Sipa à qui j’ai décerné le Disque d’Or, une Parcelle et une Enveloppe Financière.
Marraine : Il faut aimer l’être humain. C’est la clé. Il y a des gens qui parraine juste
pour avoir une visibilité et un nom. Parfois je parraine par un appui technique
ou financier. Ce n’est pas seulement le moi qui m’importe mais c’est la
satisfaction morale que le parrainé obtient du parrainage qui me satisfait. Je
parraine pour apporter le sourire sur les lèvres des gens. Je sillonne pas mal
de zone et je me rends compte que notre vie citadine ici est comme sur des
nuages. Mais quand on va à l’intérieur du pays, et que l’on descend de ce nuage
je vous promets qu’on est obligé d’aller au-delà de ce que l’on fait d’être
présent pour les populations. Donc n’est pas parrain qui veut. Il faut avoir l’amour
et une passion pour ce que l'on fait.
Journaliste : Quelles
expériences vous tirez du parrainage ?
Marraine : Étant
donné que je suis dans le domaine de l’éducation, je m’évertue à faire
comprendre aux jeunes que les difficultés dont ils sont victimes aujourd’hui
n’est que la succession de différents évènements dont ils ne sont même pas
responsables. Sur le terrain on est obligé à amener chacun à prendre conscience
de ces capacités de son potentiel et l’emmener soit à se prendre en charge soit à
avoir la détermination nécessaire pour entreprendre quelque chose pour changer
son milieu de vie. Quand vous parlez aux jeunes et qu’ils voient en vous
quelqu’un qui leur apporte un message qui apaise, un message d’espoir, je me dis
que vous avez apporté quelque chose dans peut-être la conscientisation... Parce
que le but c’est de pouvoir apporter quelque chose à l’autre, pour qu’il se
sente bien : par ta présence physique, les conseils et le modèle que tu incarnes
sur tous les plans. Voilà pour moi
l’essentiel.
Parrain : Le
parrainage peut apporter beaucoup de choses. Comme par exemple primo, montrer l’amour que
l’on a pour sa patrie. Et de mon côté j’aide les gens comme je peux; parce que
je me dis que nulle n’a le droit d’être heureux toute seule. Secundo, Le
parrainage peut vous faire rencontrer des gens que vous n’imaginerez jamais
rencontrer dans votre vie.
Journaliste : Que peut-on craindre en parrainant ?
Parrain :
Il n’ y a pas d’activités sans contraintes. D’aucuns apprécieront d’autres non.
L’essentiel est que vous y trouvez et que vous ayez la satisfaction morale. Moi
je considère juste le bon côté de mon travail et j’avance. C’est de même pour
notre Président de la République qui est hué mais Il continue d’avancer dans sa
vision. Tout compte fait, ceux qui aiment dépassent largement ceux qui
détestent.
Marraine :
En tant que femme et dans un milieu qui est challengé par les hommes, on a du
mal à se faire une place surtout que notre pays est fortement politisé. "On ne
respecte que ceux-là qui distribuent de l’argent". C’est ce que vous craignez
qui vous arrive. On fait alors attention à tout ce qui sort de notre bouche et on met
l’accent sur ce qui peut édifier. Quant aux critiques ils ne manquent pas et je
me dis que ce sont des expériences qu’il faut vivre et apprendre à faire fi
d’autant plus que ma philosophie est de dire la vérité sans passer par quatre
chemins.
Quelles
sont les responsabilités qui incombent à un parrain ?
Parrain : Être
parrain d’un évènement ne veux pas dire que l’on doit prendre en charge toutes
les responsabilités de A à Z. Mais l’on peut faire des choses clés. Comme
prendre en charge la location de la salle et la sonorisation. Et si vous prenez
en charge ses deux grandes charges, je pense que l’activité contre vents et marrées sera
une réussite. Ou si c’est un concours d’élection de miss par exemple, il y a le
grand prix, par exemple, qui est là. La dernière fois, moi j’ai donné la voiture à
la Miss Tourisme Bénin 2019. C’était ce qu’il fallait pour que l’évènement ait lieu.
Une fois cette responsabilité prise, l’équipe s’est chargée du reste. C’est un peu le schéma.
Journaliste : Quelles sont les autres qualités à avoir ?
Marraine : La
patience, l’intégrité, la volonté, le désir, être endurant et pouvoir rebondir
à chaque fois qu’elle se sent affaiblie par les critiques et autres.
Journaliste :
Conseils pour motiver les uns et les autres...
Parrain :
Toute
main qui donne reçoit toujours. C’est une de mes idées leitmotiv. Et quand vous
donnez, il y a plusieurs choses qui vous accompagnent surtout que nous sommes
en Afrique précisément au Bénin. Et déjà le simple fait que les gens vous
disent merci, vous rapporte beaucoup
de choses. C‘est une vertu de donner. Il y a des bénédictions quand on donne. J’invite alors ceux qui se
disent pouvoir faire quelque chose, de se lancer. Je tiens à préciser qu’il ne
s’agit pas forcément d’avoir de grands moyens. Parce que les gens vous suivent,
vous regardent. On ne sait jamais.
Journaliste :
Comment trouvez-vous la capacité des Femmes à embrasser le parrainage ?
Parrain : Il y a des femmes qui sont des marraines ; c’est bien. Tout est question
d’amour pour l’évènement à parrainer. Si elles ont aussi les moyens, c’est fort
bien. D’autant plus que de nos jours nous parlons de parité. Sourire.
Marraine : Je voudrais dire à toutes ces femmes que
c’est notre responsabilité en tant que mères, épouses au-delà de notre foyer
d’apporter un mieux-être autour de nous et si l’occasion se présente de
ne pas forcément fermer la porte. Certes, des fois vous parrainer et les gens ne
font pas ce que vous voulez. Cela ne
veut pas dire que vous devez fermer la porte. Il faut simplement apporter des
conseils et la prochaine fois quand ils viennent vous exiger un minimum. Et la
roue se met en route. Parce que ce n’est
que par le parrainage que l’on peut être plus proche de la jeunesse et de nos
enfants.
Journaliste : Merci à chacun de vous et au nom des différents organisateurs d'évènements qu vous accompagnez, vous vous réitérons une fois de plus notre reconnaissance
Annexe
Présentation de l'ONG Icône 360 degrés par la directrice Générale Yvette ALAVO
" Nous voulons faire de chaque
individu une Icône pour le développement. Notre approche doit être à 360° parce
que quand tu es debout juste en face de toi tu ne sais pas ce qui se passe
autour de toi à gauche à droite derrière alors qu si vous êtes plusieurs à
penser la même chose mais différemment, vous arriver à créer une plateforme
d’échange pour pouvoir mieux appréhender les difficultés des uns et des autres
et apporter les solutions qu’il faut. Donc nous avons une approche inclusive et
nous n’essayons de ne pas faire de différence mais faire en sorte que on
partage les mêmes actions et on n’est souvent là pour faire de l’opérationnel
et s’assurer que tout se passe bien sur le terrain. On opère dans le domaine de
la santé de l’éducation et de l’environnement qui sont aujourd’hui les trois
domaines de prédilection pour vraiment un développement."
Présentation de la société "Royal Chiken Fish"
Présentation de la société "Royal Chiken Fish"
Rébecca ADJINAKOU








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