Propos de Didier Samson
( Enseignant et Directeur des Études à l'Institut Supérieur des Métiers de l'Audiovisuel)
R.L. Qui est le journaliste?
D.S. Partie du principe anglais, le journaliste est celui qui observe et qui relève, rapporte, prélèvé met en forme et traite des nouvelles ou des informations pour les rendre accessibles à ceux qui ne le savent pas, non pas parce qu'ils sont des ignorants mais parce que n'étant pas présents sur la scène.
R.L. Qui est le Journaliste Reporter d'Images?
D.S.
Le journaliste reporté d'Images dit JRI, est défini comme une personne complètement autonome, qui se gère lui-même, va avec sa caméra, prend des informations, vient , monte et rédige tout en faisant le montage et le remet à la rédaction. C'est pour cela qu'il leur est recommandé la perfection.
R.L. Quelle est la nuance entre ces deux termes?
Il n'y a pas une grande différence entre ces deux notions. Il faut noter que les journalistes au depart sont des cadreurs qui par revendications, ont obtenus le statut de journaliste, vu leur présence permanente sur le terrain et la non reconnaissance de leur metier. À cet effet, il leur est fourni une carte professionnelle de journaliste, qui du coup, fait évoluer leur metier. c'est ainsi que d'autres sont devenus cadreurs tandis que d'autres y ont associés la formation du journalisme proprement dite. L'évolution du metier leur permet donc de se procurer une carte professionnelle de presse. Celà étant, quelques cadreurs decident de se procurer une formation en journalisme pour se sentir complet, d'ou la présence de " journalistes multicartes ".
R.L. L'environnement béninois prête t-il à ledit métier?
Un JRI doit pouvoir exercer partout.Il n'y a pas un pays où il est moins bien d'être un JRI, à moins que se ne soit un pays en guerre où tout le monde est fou et se bat. Mais, il faut retenir que le journaliste est un peu partout .
R.L. Est-ce un metier d'avenir?
S.D.
Bien sûr. Beaucoup s'improvise journalistes à tort et à travers. Mais nous allons essayer de revoir cela, parce qu'il faut passer tout ce monde au crible et faire ressortir les vrais journalistes.
Avec la prolifération des chaînes au Bénin et l'évolution du numérique, on va certainement avoir besoin de deux, trois voire dix chaînes d'informations supplémentaires. C'est une aubaine pour les JRI. Ils pourront aller en reportage, filmer et rapporter des images pour commenter et en faire de petits sujets de 5 à 6 minutes qu'ils proposeront sur des chaînes de télévision, en image, en vidéo et non en radio.
R.L. Quelle place doit occuper un journaliste dans un organe de presse?
Un journaliste travaille à la télé. Il est partout et est à "l'affût des informations".De nos jours, les journalistes ne font rien, alors que des sujets de reportages pullulent sur le terrain. La plupart des télévisions restent stagnantes avec la diffusion d'images répétitives, des "makoukas" qui de nos jours ne sont plus serrés, et on est là, dans le degré "zéro". Les seuls capables de nous sortir de la situation sont les journalistes.
Participer au développement, commence par de petits gestes anodins, comme bien parler sa langue de travail, être honnête, bien faire son boulot, arrêter de jeter les papiers dans les rues, etc. De plus, il faut cesser de parler de politique et de s'attarder sur les faits que l'on ne maîtrise pas.
R.L. Quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui aimeraient bien embrasser ce métier?
D.S.
Un journaliste n'est pas un lecteur de papier. Le constat est plus frappant du côté de la gente feminine qui se parfume et se pouponne avant de venir laissant de côté l'essentiel. Mais, il arrive que d'autres soient de vrais lecteurs de papiers.Dans ce cas, c'est la maison qui décide de mettre cette dernière à ce poste et de la placer comme vitrine, car ayant la possibilité et la capacité de bien articuler et bien ma nier la langue française. Pour être concis, "un journaliste n'est pas un présentateur; les vrais journalistes ne viennent mas par hasard."
R.L. Que diriez-vous aux jeunes qui aimeraient emboîter vos pas?
D.S.
Le journalisme est un metier dans lequel "on se prend vite la tete"!
Il faut que les journalistes comprennent qu'ils ne sont pas des justiciers. Le justicier dit la loi tandis que le policier est envoyé en mission. Non! Chacun son job! Le juge est un juge et le policier est un policier. Certes, il y a des journalistes engagés, mais il ne faut pas seulement être journaliste avant d'être engagé! Le journaliste est un ouvier spécialisé en traitement d'informations; il est sensé connaitre les genres journalistiques choses qui lui permettront de transcrire les informations à travers un brève, une critique, un papier de fond,un factuel... Ces connaissances permettent aux journalistes d'écrire un bon chapeau, de faire un compte rendu voire un résumé.
Le vrai journaliste n'est pas celui qui insulte, crie le plus et passe son temps à vociférer. Un bon journaliste est quelqu'un de très humble; il doit beaucoup lire, doit avoir une culture générale parfaite, en particulier celui de son pays.
En somme, je dirai aux étudiants d'ISMA de bien travailler, de se mettre à la tâche, parce que le rythme va changer. Et comme le dit un proverbe, "quand le tam-tam chante, les pas de danses changent". Il faut l'entendre parce que "la musique est partie, les pas de danses sont partis et vous êtes partis à contretemps, tout simplement parce que nous voulons changer la donne!
R.L. Merci à vous Monsieur le Directeur.

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